Wildlife Habitat Canada

Protection de milieux humides forestiers – PCHE 2010-11

Les buts et les objectifs

Le programme forêt-faune et le programme d’aménagement intégré par sous-bassin s’inscrivent dans les orientations et priorités que la Fondation s’est donnée suite à sa planification stratégique effectuée pour 2008-2011. Ces programmes favorisent tous deux une approche de gestion intégrée des ressources fauniques et forestières en milieu privé.  Le volet - milieux humides du programme forêt-faune permettra de maintenir et d’accroître la productivité faunique et la biodiversité des milieux humides forestiers en favorisant des engagements de plus en plus fermes des propriétaires et en développant des partenariats avec des organismes voués à la mise en valeur de ces milieux.

Concernant le suivi des milieux humides et la fidélisation des propriétaires, les objectifs sont d'abord de constater si l'entente a été respectée mais aussi de responsabiliser et d’impliquer le propriétaire dans le but qu'il s'approprie son milieu, de lui permettre d'avoir une personne-ressource qui peut l'aider à bien gérer son milieu et de l'accompagner à cheminer vers un statut de protection plus élevé en lui offrant les différentes possibilités et autres options de conservation existantes.
Le développement de l’approche de conservation volontaire permettra quant à lui, de favoriser à court et moyen terme, l’implication des propriétaires à la protection et la conservation de leur milieux humides. Le fait de travailler en aménagment intégré et à l’échelle d’un sous-bassin versant permettra une réelle mobilisation des acteurs du milieu à une échelle réaliste.


Les activités

Afin de conserver des milieux humides forestiers (MHF) considérés comme des habitats de grande valeur pour la sauvagine et la biodiversité, la Fondation de la faune, grâce à la contribution d’Habitat faunique Canada, a mis en place un programme de soutien financier adressé aux intervenants forestiers et organismes environnementaux. Ces groupes peuvent recevoir un montant (maximum de 60 % du coût total de leur projet) pour financer la protection de leur MHF sur terre privée. Les activités comprennent une visite terrain afin de caractériser le milieu humide et valider la présence d’espèces faunique et floristique (en péril ou non), une rencontre des propriétaires pour les sensibiliser à l’importance de protéger ces milieux, et une signature d’entente de conservation avec ces propriétaires (déclaration d’intention). De plus, une évaluation du potentiel de nidification pour la sauvagine est réalisée à chaque année sur le territoire du Centre-du-Québec (RCO 13). Pour être admissible, chaque projet doit concerner au moins 10 milieux humides totalisant une superficie minimale de 50 hectares. Les projets sont soumis au mois d’octobre de chaque année et ils peuvent s’étaler sur un maximum de 2 ans. Toutefois, ils doivent faire l’objet d’une nouvelle évaluation à chaque année. Plusieurs outils sont développés dans le cadre de ces activités : carte biophysique des milieux humides présents sur le territoire de chaque propriétaire, liste des espèces présentes sur le site, guide de recommandations pour la conservation du milieu, liste de personnes-ressources et instances gouvernementales à contacter, et une déclaration d’intention à signer, le tout intégré à un cahier du propriétaire complet et unique pour chacun. 

Pour l’activité 2- suivi des milieux et fidélisation des propriétaires, les ententes de conservation volontaire doivent avoir été signées depuis au moins trois ans afin de retourner sur le terrain avec le propriétaire, et de vérifier l'état du milieu, d'identifier les besoins particuliers du propriétaire et d'émettre des recommandations pour la poursuite de la protection du site. Plusieurs outils de suivi sont proposés aux organismes promoteurs à l'aide d'une trousse fournie par la Fondation (un exemplaire de celle-ci vous a été envoyée en 2006). Concrètement, les activités à court et moyen terme prévues pour effectuer le suivi sont de différentes nature  soit : le retour d’une visite sur le milieu pour valider la présence de nouvelles espèces fauniques, la visite des propriétaires ayant déjà signé des ententes de conservation pour leur milieu, la reconnaissance du site pour valider le caractère exceptionnel du milieu et la présence de faune et flore intacte, l’envoi de cartes postales personnalisées pour garder le propriétaire et l’organisme de conservation qui a approché ce dernier en contact, l’envoi d’un bulletin d’information annuel sur l’état du site protégé, des capsules d’information dans les journaux locaux existants, la formation de certains propriétaires ainsi que la possibilité de créer un réseau de milieux humides.

Le suivi des milieux et la fidélisation des propriétaires  permet de connaître les résultats concrets d'une approche de protection par conservation volontaire et également de constater la validité de l'engagement des propriétaires ayant été sensibilisés. Déjà, les résultats depuis les trois dernières années ont permis de constater que les milieux protégés sont restés intactes et non perturbés pour la plupart alors que de nouvelles espèces fauniques, incluant la sauvagine, ont été répertoriées. Les propriétaires rencontrés à nouveau sont tous restés sensibilisés et certains d’entre eux se sont même engagés plus concrètement en signant des servitudes de conservation. De plus, deux réserves naturelles en milieu privé sont actuellement en voie d’être reconnues.

Concernant le développement de l’approche de conservation volontaire des milieux humides dans le programme d’aménagment intégré par sous-bassin, il s’agira de travailler avec les promoteurs de projets retenus afin qu’ils intègrent dans leurs actions différentes initiatives pour la protection des milieux humides. Par exemple, il sera possible de planifier l’inventaire et la caractérisation des milieux humides dans chaque sous-bassin, d’instaurer des modalités spécifiques au milieux humides dans la planification des travaux d’aménagement forestier et surtout, de planifier la rencontre et la sensibilisation des propriétaires de boisés privés à la conservation volontaire de leur milieux. Pour y arriver, des formations auront lieu afin de transférer des connaissances aux promoteurs sur différentes initiatives forêt-faune, dont l’intégration d’actions concrètes visant la protection des milieux humides. Dès la première année, un plan d’action par sous-bassin sera mis en place dans lequel la conservation volontaire des milieux humides sera considérée et des cartes thématiques représentant les milieux à protéger seront réalisées.


Les résultats et les produits propres à l’habitat nécessitant les contributions d’HFC

En 2010-2011, nous initierons autour de 10 nouveaux projets (estimation de deux projets dans l’activité 1, de trois projets dans l’activité 2 et de environ 8 projets en aménagement intégré par sous-bassin). Ces projets devraient permettre de protéger plus de 300 hectares additionnels d’habitats à sauvagine et d’effectuer le suivi de plus de 300 hectares déjà protégés. La déclaration d’intention est un mode de conservation volontaire de plus en plus utilisé par un bon nombre d’intervenants pour protéger une grande diversité d’habitats forestiers et agricoles sensibles.

Plus de 200 propriétaires privées seront visés pour le présent projet. 


Les avantages relatifs à la sauvagine, espèces associées aux milieux humides, et espèces d’animaux sauvages

En protégeant les milieux humides des RCO 12-13-14, la Fondation contribue à la conservation de l’habitat de plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux, incluant plusieurs espèces de sauvagine. Parmi ces espèces, on note directement les canards arboricoles (branchu, garrot à œil d’or et petit garrot), le canard noir, le canard colvert, la sarcelle d’hiver, le harle couronné et le fuligule à collier. Plusieurs espèces en péril, telles que le hibou des marais, la paruline à ailes dorées, le pygargue à tête blanche, la tortue des bois, la grenouille des marais, etc. sont également susceptible de se retrouver sur les sites protégés ou ont déjà été inventoriés par les années passées. L’activité de suivi servira justement à valider si ces espèces pourraient être encore présentes aujourd’hui.


La pertinence quant à la planification, la prise de décisions et/ou la gestion de l’habitat

Les propriétaires privés possédant des milieux humides seront les premiers à bénéficier du projet. Ceux-ci obtiendront une caractérisation biologique de leur site, un inventaire des espèces fauniques et floristiques (avec une attention particulière aux espèces en situation préoccupante) ainsi qu’une évaluation du potentiel de nidification de la sauvagine. De plus, la remise d’un outil de sensibilisation tel qu’un cahier du propriétaire, leur permettra de recevoir des recommandations simples et efficaces afin de mieux protéger leur milieu. En signant leur entente de conservation volontaire, les propriétaires se conscientisent à l’importance de leurs milieux et à la valeur faunique que ceux-ci peuvent présenter.

Les milieux ayant fait l’objet d’une entente de conservation volontaire, seront reconnus auprès des nombreux partenaires en interaction avec le projet. Dans certains cas, un statut particulier du territoire sera proposé au propriétaire par d’autres partenaires concernés (ministères provinciaux, municipalités, MRC, Conservation de la nature, etc.). Ainsi, le degré de protection de certains milieux pourra être accentué avec la signature d’ententes de conservation plus engageantes et basées à plus long terme (servitude, donation, bail, réserve naturelle en milieu privé, etc.).

Les résultats de la protection des milieux humides au fil des années (près de 1000 ententes signées et au delà de 5 000 hectares protégés depuis 10 ans) ont permis de mettre ne place un réseau de milieux humides protégés afin de partager et diffuser l’information parmi l’ensemble des partenaires et intervenants. Ce réseau a un effet d’entraînement sur les propriétaires privés qui s’intéressent à la conservation volontaire au Québec. L’activité du suivi contribue, entre autres, à la mise en place de ce réseau.

En ce qui concerne le développement de l’approche de conservation volontaire dans le programme d’aménagement intégré, les incidences seront liées directement à la mobilisation des propriétaires entre eux et à un plus fort sentiment d’appartenance puisque les projets s’effectueront à une petite échelle et donc facilement rejoignable pour tous les acteurs du milieu. À moyen terme, la conservation des milieux humides sera davantage considérée au Québec et les acteurs seront mieux outillés pour protéger ces riches écosystèmes.


Une description de l’emplacement du projet

Le projet couvre plusieurs sites sur l’ensemble du territoire de la vallée du Saint-Laurent (basses-terres) dans trois écozones principales : bouclier boréal, plaines à forêts mixtes et maritimes de l’Atlantique.  Il touche ainsi l’écorégion prioritaire du Fleuve Saint-Laurent classifiée catégorie A par le Plan et cinq autres écorégions de catégorie B.

Le projet se situe en totalité dans le bassin hydrographique du Saint-Laurent. Plus spécifiquement, les régions ciblées sont surtout les Appalaches (Chaudière-Appalaches, Bas Saint-Laurent, Estrie, Centre-du-Québec) et la Plaine du Saint-laurent (Outaouais, Laurentides, Montérégie, Québec) (voir carte des projets en annexe). 

Le paysage sur lequel les projets seront réalisés est essentiellement forestier. Les milieux humides à protéger se trouveront, entre autres, dans les villes ou municipalités de Québec, Rimouski, Val-des-Monts, Saint-Martin, Lac-Etchemin, Roxton Falls, New Richmond, Clermont, La Patrie, Saint-Raymond, Lachute, Victoriaville, etc.

Le projet se situe surtout dans la région de conservation des oiseaux – 13 (RCO) le long de la Plaine du Saint-Laurent, considérée prioritaire par le PCHE puisque les habitats pour la sauvagine et les oiseaux y sont toujours menacés. Les RCO 12 et 14 seront aussi touchées. De plus, certains sites visés pour la protection des milieux humides forestiers concordent avec quelques secteurs prioritaires pour les milieux humides selon les Plans régionaux de Canards Illimités Canada (CIC) . C’est le cas, entre autres, dans les régions du Centre-du-Québec et de Chaudière-Appalaches alors que certains milieux sont classés de priorité 1 ou 2.

SVP, cliquez ici pour regarder la carte du projet (pdf).

 
Le contact du projet

Pour obtenir plus de renseignements sur ce projet, veuillez SVP vous adresser à André Martin, Président-directeur-général, Fondation de la faune du Québec, Québec, QC.